Histoire du Maroc PDF

Juifs de la vallée du Drâa en 1899. L’histoire des juifs au Maroc est très ancienne et fut nourrie par diverses vagues de réfugiés à histoire du Maroc PDF suite des vicissitudes et persécutions dont ont été victimes les juifs au cours de l’histoire.


Cette synthèse lumineuse nous fait traverser des siècles d’histoire marocaine tambour battant, de l’empire romain à la première islamisation au VIIe siècle, puis à l’émergence des constructions impériales au XIe, jusqu’à l’avènement de Mohammed VI en 1999. Daniel Rivet nous plonge dans ce pays aux contrastes fascinants, où coexistent les cités arabisées du Nord et les casbahs berbères du Sud, les musulmans et les juifs, les docteurs de la loi et les saints. Exceptionnel au Maghreb à bien des égards, le royaume chérifien ne laisse pas percer ses secrets facilement : depuis quand le Maroc existe-t-il ? Comment expliquer la pérennité de la monarchie ? Pourquoi des styles culturels aux antipodes parviennent-ils à cohabiter ? Fidèle au mot de Paul Veyne pour qui expliquer plus, c’est raconter mieux, l’auteur fait sa place au temps long, aux structures, à l’équilibre entre État et nation, tout en entraînant parfois le lecteur dans le tourbillon des événements. Il livre des portraits vibrants aussi bien des bourgeois fassis ou des ksouriens du Tafilalt au XVIIe siècle que de la jeunesse contemporaine, parce que, par-delà l’abstraction du Maroc, il y a les hommes. Un ouvrage appelé à devenir une référence.

Avec l’arrivée de l’islam, la population juive passe sous la domination musulmane et se voit imposer le statut de dhimmis. Inscription funéraire au nom en grec de Caecilianos, mort à l’âge de quarante-cinq ans, huit mois, trois jours. Maroc pratiquant le commerce de l’or et du sel. En 533, le général Bélisaire, envoyé en Afrique par l’empereur byzantin Justinien pour chasser les Vandales, envahit la région et y impose les lois de l’Empire byzantin.

Les juifs vont alors connaître une période très sombre, entre brimades et conversions forcées, culte restreint et persécutions. Il rapporte :  Une partie des Berbères professait le karaïsme, religion qu’ils avaient reçue de leurs puissants voisins, les Israélites de la Syrie. Parmi les Berbères juifs, on distinguait les Djeraoua, tribu qui habitait l’Auras et à laquelle appartenait la Kahena, reine guerrière berbère qui fut tuée par les Arabes à l’époque des premières invasions. Arabes avaient tenté au Maghreb extrême plusieurs expéditions sans lendemain. Mais le mouvement kharidjite, va se répandre dans ces tribus et nourrir de nombreuses insurrections contre les émirs arabes de Kairouan, représentants du califat. Présents déjà en l’an 789 sur le premier emplacement de la cité fondée par Idris I, près des sources chaudes de Sidi Hrazem, des Juifs se retrouvent près de 20 ans plus tard dans le nouveau site défini tif, promu au rang de capitale du royaume par Idris II en 808.

Zouagha, à l’emplacement où devait naître la ville de Fès. Après l’avènement des Fatimides à Kairouan et leur domination de la Syrie jusqu’à Fès et Sijilmasa, au Maroc central, le Maghreb connait une période de prospérité favorable au commerce, qui rejaillit sur les communautés juives urbaines et favorisent leur développement. Almoravides, lancent une croisade religieuse et militaire pour imposer une orthodoxie malékite rigoureuse. Les juifs sont tolérés dans leur statut de dhimmi et paient l’impôt de capitation. Mais la rigueur religieuse des Almoravides n’a pas, semble-t-il, entraîné de persécutions religieuses et la diffusion de la civilisation arabo-andalouse dans le Maghreb occidental a contribué à la tolérance et à la symbiose entre les religions.

C’est l’époque de Rabbi Isaac ben Jacob Alfassi, qui quitte Fès pour Cordoue en 1088, des correspondances avec Rachi de Troyes. C’est bien un Âge d’Or qui s’épanouit. En 1140, la prise de Sijilmasa par les Almohades et les conquêtes qui suivirent, s’inscrivent comme une rupture tragique. Anti-Atlas marocain, un personnage charismatique qui va imposer une morale rigoureuse et puritaine ainsi qu’une théologie farouchement monothéiste privilégiant le retour aux sources primordiales de l’Islam. La doctrine du Mahdi ne pouvait que renforcer l’intolérance à l’égard des autres religions du Livre. Fès, rabbi Juda Hacohen ibn Shoushan est exécuté en 1165. Certaines familles juives parviennent pourtant à s’enfuir, notamment celle de Maïmonide.