L’Expertise psychiatrique: Face à la dangerosité et à la récidive des criminels PDF

Si ce bandeau l’Expertise psychiatrique: Face à la dangerosité et à la récidive des criminels PDF’est plus pertinent, retirez-le. Sa mère n’ayant pas signé les papiers officiels d’abandon, il ne peut être adopté.


?Au coeur des expertises psychiatriques, depuis trente ans, le docteur Jean-Claude Archambault, psychiatre des hôpitaux, nous fait pénétrer dans le monde de la délinquance et du crime. Le cannibale, la jeune femme infanticide, le malade mental meurtrier qui se prend pour un serpent, le pervers envahi de ses fantaisies imaginatives, le bandit de grand chemin, tous relèvent d’une expertise psychiatrique. Au cas par cas, l’expert psychiatre apprécie la responsabilité et la dangerosité psychiatrique et, maintenant, évalue le risque de récidive. Mais il existe une crise de confiance du citoyen envers l’expertise et l’institution judiciaire. Comment l’expertise psychiatrique intervient-elle dans le jugement ? À partir de différentes affaires criminelles, une réflexion utile sur les sujets qui font débat : irresponsabilité pénale, récidive, jugement des malades mentaux… Le docteur Jean-Claude Archambault est psychiatre des hôpitaux, chef de service à l’hôpital Robert-Ballanger à Aulnay-sous-Bois. Inscrit sur la liste près la cour d’appel de Paris, à la rubrique psychiatrie d’adultes, agréé par la Cour de cassation et la Cour pénale internationale, il est aussi vice-président du Conseil national des compagnies d’experts de justice (CNCEJ).

14 ans, il tente d’étrangler de ses mains une de ses sœurs adoptives, Roselyne Derouineau, handicapée mentale, qu’il apprécie pourtant. 16 ans, il récidive en agressant Christiane, sœur de Roselyne, en tentant de l’étrangler avec un pied de tabouret. Dans les deux cas, il semble avoir agi par pulsion. Malgré un meilleur encadrement, le cas du jeune homme ne s’améliore pas. Le 6 février 1979, il agresse la jeune Pascale C. Paris, Georges vole et se prostitue auprès d’une clientèle masculine.

C’est le 16 novembre 1981 qu’il sévit pour la première fois dans la capitale. 18 ans, est agressée dans son immeuble alors qu’elle rentrait chez elle. Après avoir été violée, elle est poignardée et laissée pour morte par son agresseur. Blessée très gravement, la jeune femme survit pourtant à l’agression. Georges n’est pas inquiété, la justice concluant à un non-lieu. Il s’agit de la première agression connue qui précède une longue carrière avant une réponse pénale.

Une semaine plus tard le 7 juin 1982, il agresse Violette K. Bénéficiant d’un régime de semi-liberté, il en profite un soir pour ne pas se présenter à la prison de Caen dont il dépend. Il s’enfuit alors à Paris et vit dans différents squats de l’est de la capitale. Six mois plus tard, Elisabeth Ortega échappe de peu à une tentative de meurtre du tueur de l’Est parisien. Malheureusement pour l’avancement de l’enquête, elle décrit dans un portrait-robot son agresseur comme ressemblant à un maghrébin et non au métis qu’est Guy Georges.

Du fait de cette erreur, l’enquête piétine. Le 25 août 1995, Guy Georges est à deux doigts d’être démasqué après une agression manquée chez Mélanie Bacou, dans le quartier du Marais. En septembre 1997, après une tentative de viol manquée contre Estelle F. Magali Sirotti, étudiante de 19 ans, qui est violée puis poignardée dans son appartement. Il y revient cependant quelques mois plus tard. De nombreuses équipes de policiers sont alors mobilisées pour arrêter le tueur, avec à leur tête Martine Monteil, nouvelle cheffe de la Brigade criminelle. Ces conditions très strictes et la nature des faits reprochés à Guy Georges, ainsi que la longueur de la période de leur commission, rendent une telle mesure très peu probable.

Depuis son incarcération à la maison centrale d’Ensisheim, Guy Georges fait l’objet d’une fascination morbide de la part de jeunes femmes avec qui il échange de nombreux courriers. Ainsi Anne Gauthier, mère d’une des victimes, qui faisait une enquête parallèle pendant l’enquête policière, et qui s’est réfugiée dans un couvent pendant le procès, a correspondu avec lui. Les familles de victimes se regrouperont afin de dénoncer le système judiciaire et pénal, notamment l’absence d’encadrement judiciaire et psychiatrique. Michel Dubec, l’un des experts chargé de se prononcer sur le cas  Guy Georges , semble, lui aussi, tomber sous le charme du tueur. Il utilise sa mission auprès de lui pour écrire Le Plaisir de tuer qui crée une grande polémique. Les professionnels de la santé le dénoncent et la polémique atteint l’opinion publique, émue par certains passages révélés caractérisant un point de vue fasciné par le tueur. Sa vie sexuelle est trépidante, son tempérament étonnant, il est capable de baiser cinq fois par jour.

Jusque-là, on peut le comprendre, et même il nous fait rêver, il nous agrippe crûment par nos fantasmes. L’acte de pénétrer est en lui-même agressif. Si un homme est trop respectueux d’une femme, il ne bande pas. On peut être avec lui, jusqu’au viol compris. Michel Dubec exercera son droit de réponse en expliquant qu’il faut dissocier la réalité des fantasmes, qui sont un fait qu’on ne doit pas nier, et le passage à l’acte qui lui est condamnable.