Le cabinet de réflexion : La démarche initiatique, technique de l’éveil PDF

L’isolement est une le cabinet de réflexion : La démarche initiatique, technique de l’éveil PDF séculaire des rituels initiatiques. L’affirmation repose en outre sur le dépouillement des métaux proposé au candidat maçon et relevant de la transmutation alchimique mais aussi sur les trois principes hermétiques disposés dans le lieu : le sel, le soufre et le mercure. Ce rituel comprenait toutes les évocations aujourd’hui présentes dans le cabinet de réflexion. Il se présente comme une petite pièce peinte ou revêtue de noir, sans fenêtre et meublée d’un tabouret et d’une table.


Le cabinet de réflexion est un réduit peint en noir. L’éclairage est réduit. Des objets sont posés sur une tablette. Des sentences sont écrites sur les murs. Le profane est invité à s’asseoir en ce lieu. Il regarde les objets symboliques qui orientent sa méditation. C’est le passage du monde d’où il vient au monde où il va. Il réside en ce lieu un long moment avant d’être admis aux épreuves de l’initiation. Plus qu’un passage, le cabinet de réflexion est le lieu à revisiter sans cesse. Il procure des repères indispensables au voyageur qui poursuit sa quête. Il montre l’essentiel à celui qui entreprend le voyage.

Au cours de l’initiation maçonnique, le cabinet de réflexion constitue la seule épreuve durant laquelle le néophyte est isolé. Les murs peuvent arborer la formule alchimique et maçonnique : V. L’ethnologue et historien français Jean Servier traduit la locution latine par :  Descends dans les entrailles de la terre, en distillant tu trouveras la pierre de l’œuvre . L’acronyme est entouré de symboles évocateurs de la condition humaine comme un crâne ou du pain moisi, d’autres qui se réfèrent à la morale alchimique comme le sel, le soufre ou un coq représentant le mercure ou la persévérance. Diverses sentences peuvent figurer sur les murs, comme :   Si la curiosité t’a conduit ici, va-t’en. Si ton âme ressent l’effroi, ne va pas plus loin ! Un certain nombre de symboles évocateurs, d’images archétypales figurent dans le cabinet de réflexion.

Le crâne humain évoque la mort physique. Dans le cabinet de réflexion, il rappelle le thème alchimique de la putréfaction. Induisant le sens de l’écoulement du temps, le sablier rappelle une réalité essentielle : la durée limitée de l’existence terrestre. Dans la mythologie de l’Antiquité c’est Cronos qui est représenté tenant la faux et le sablier. Au Moyen Âge, lors des ravages de la peste noire apparaît une représentation anthropomorphisée de la mort, nommée « La Grande Faucheuse ». La faux pourrait donc comprendre une notion d’égalité. Ce passage peut-être mis en lien avec la première phase de l’initiation, la mort symbolique, le retour au sol.

L’eau est l’élément sans lequel la vie n’est possible, c’est d’ailleurs le symbole de toute source de vie chez les Égyptiens. Dans la tradition Judéo-Chrétienne, l’eau symbolise la purification, le renouveau. Le mercure était pour les orfèvres un produit noble qui permettait de purifier l’or et l’argent en les débarrassant de toutes les  impuretés  métalliques. Tolstoï, dans son roman Guerre et Paix, décrit un cabinet de réflexion en présentant l’initiation de Pierre Bezoukov.

Dans le roman Le Symbole perdu, Dan Brown parle d’un cabinet de réflexion aux sous-sols du Capitole où se situent les indices pour la suite du roman. Faisant partie de traditions ésotériques et comprenant un aspect hermétique, retracer précisément l’évolution du cabinet de réflexion est impossible. Seuls quelques écrits nous rapportent des rituels associés à une initiation comprenant un isolement. Au Rite émulation, la chambre de réflexion est un local contigu à la loge. Bernard Joly, Bibliographie de l’alchimie, 1996, 354 p. Jack Chaboud, La Franc-maçonnerie, histoire, mythes et réalité, Librio, 2004, p.