Le pontifical de la Curie romaine au XIIIe siècle PDF

Sauter à la navigation Sauter à la recherche L’Inquisition médiévale est un tribunal ecclésiastique d’exception chargé de le pontifical de la Curie romaine au XIIIe siècle PDF contre les hérésies. L’Inquisition se caractérise avant tout par la procédure à laquelle elle recourt : l’inquisitio, par laquelle le juge peut entamer une action d’office, par opposition à l’accusatio, dans laquelle le juge n’instruit un dossier qu’à la suite d’une accusation. L’Inquisition médiévale participe aujourd’hui d’une mauvaise image du Moyen Âge.


Le livre appelé Pontifical contient l’ensemble des rites effectués par l’évêque ; il est donc le livre de l’évêque. Outre les célébrations ordinairement réservées aux ecclésiastiques, il définit l’ensemble des rites qui, durant tout le Moyen Age et bien au-delà, rassemblaient les foules des laïcs dans les cathédrales aux grands jours de l’année. Le Pontifical de la curie romaine, confectionné au XIIIe siècle, représente un moment essentiel d’une normalisation voulue pas les papes, au terme d’un lent travail qui s’échelonne du VIIIe au XIIe siècle. Il inspire, en outre, très directement, un autre Pontifical, celui confectionné par l’évêque Guillaume Durand de Mende (mort en 1296), lequel paracheva la diffusion de la liturgie romaine dans toute l’Eglise latine. Il marque donc une étape essentielle dans l’histoire non seulement de la liturgie catholique, mais aussi dans celle du christianisme occidental. Parce qu’il révèle le noyau des mystères chrétiens, les familiers de l’anthropologie historique peuvent découvrir dans ce livre le sens plénier de chacun des rites les plus fondamentaux du christianisme et comprendre ce qu’en percevaient les participants d’autrefois.

Son zèle est tel qu’il entre en conflit avec les tribunaux ordinaires : à l’instigation de plusieurs évêques, il est relevé de ses fonctions. D’un point de vue canonique, les inquisiteurs sont des commissaires pontificaux, spécialement chargés de lutter contre l’hérésie et censés collaborer avec les évêques. Cependant, les évêques n’ont pas été dessaisis de leurs prérogatives en matière d’hérésie, non plus que les légats : sur un même territoire, ces différents dispositifs peuvent coexister et donc se recouvrir, entraînant ainsi des querelles de juridiction. Autre conséquence, l’inquisition se définit par la présence d’un inquisiteur, il est vain de vouloir définir des juridictions bien délimitées géographiquement. En France, elle s’introduit d’abord par le Nord, en avril 1233, avant de pénétrer en Languedoc en 1233-1234 avec l’établissement de deux tribunaux fixes d’Inquisition : l’Inquisition n’a donc pas eu pour but premier la lutte contre les « bons hommes » languedociens et leurs amis. L’Inquisition se heurte initialement à la volonté des princes de mener eux-mêmes la lutte contre les hérétiques.

Dès le départ, certains avaient tout bonnement refusé son intervention : en Espagne, seul l’Aragon l’avait accepté. En Angleterre, la répression contre les Lollards — disciples de John Wyclif — reste l’affaire du roi et du clergé anglais. La République de Venise préfère également régler elle-même le sort de ses hérétiques. La plupart du temps, les inquisiteurs sont choisis dans les nouveaux ordres religieux, dominicain et franciscain. Ceux-ci sont précisément fondés à l’époque, et leur expansion géographique est encore restreinte autour de leur aire d’origine.

Compte tenu de leur compétence théologique, de leur vocation à être près du peuple, et de leur bonne image dans la société médiévale, le pape choisit préférentiellement dans leurs rangs ses représentants pour en faire des juges de l’Inquisition. En outre, de 1249 à 1255, ce sont des membres du clergé séculier qui dirigent le tribunal de Toulouse. En France méridionale, elle contribua fortement à mettre fin à l’hérésie des bons hommes, non sans mal. Le quadrillage de la population du Midi aboutit à la mise en fiche d’une grande partie de celle-ci.

Les enquêtes menées par les inquisiteurs provoquent des craintes populaires. Dans ce contexte de violence, la population et la noblesse n’hésitent pas à éliminer physiquement les inquisiteurs. Le massacre le plus célèbre est celui d’Avignonet, aboutissement d’une longue période de contestation de l’Inquisition dans le Midi. 1242, ils s’installent dans le château d’Avignonet. Béziers, tenu en 1243, décide de faire tomber la place forte cathare de Montségur.

Lorsque la forteresse se rend en 1244 aux croisés, la volonté de représailles explique la rigueur exceptionnelle de la répression : près de deux cents cathares sont brûlés. La papauté est déterminée à donner à l’Inquisition les moyens d’agir efficacement : pour ce faire, elle la libère des tutelles traditionnelles. Elle est conçue comme une institution rattachée directement au pape, et non à la Curie romaine ou aux évêques. Parallèlement, les prérogatives de l’Inquisition s’élargissent. Grand Schisme d’Occident — ou encore ceux qui refusent de payer les dîmes. Dans le même moment, l’Inquisition est confrontée à des difficultés.

Beaucoup d’évêques n’apprécient guère son irruption dans un champ qui leur était auparavant réservé : les papes émettent à plusieurs reprises des rappels à l’ordre. L’attitude de la papauté elle-même est rien moins que constante : dès 1248, par exemple, Innocent IV tente de rétablir une tutelle sur eux, plaçant ceux de la région d’Agen sous le contrôle de l’évêque du diocèse, en 1248. Outrés de cette atteinte à leur liberté d’action, les juges dominicains se démettent. Le pape doit intervenir pour rétablir l’ordre. L’Inquisition se heurte également à des oppositions ponctuelles dans la population. Outre les assassinats d’inquisiteurs en terre cathare, il faut mentionner celui de Conrad de Marbourg dès juillet 1233. De même, celui-ci déploie des efforts importants pour traquer tous les coupables et adresse au chapitre général de l’ordre une lettre encourageant les dominicains à poursuivre leur tâche et à ne pas craindre le martyre.