Revue archéologique, numéro 2, 1999 PDF

Il est devenu célèbre à partir de 1924, quand fut mis au jour un ensemble d’objets, attribués dans un premier temps à une époque préhistorique mais dont l’ancienneté et parfois l’authenticité furent rapidement contestées. Ces vestiges sont à l’origine d’une vive controverse qui divisa une partie de la communauté scientifique, puis le grand public, en  glozéliens  et  anti-glozéliens . L’ affaire Glozel  connut de nombreux épisodes judiciaires. Le rapport conclut également que le site a été surchargé, à une date indéterminée, de quelques revue archéologique, numéro 2, 1999 PDF dont l’auteur demeure inconnu.


La découverte initiale est réalisée le 1er mars 1924 par Émile Fradin, alors âgé de 17 ans, et par son grand-père Claude Fradin en défrichant le champ Duranthon, surnommé plus tard  le Champ des Morts . Le pied de l’une des vaches tirant la charrue s’enfonce dans une cavité. Libérant la vache, les Fradin découvrent une fosse dont les parois sont revêtues de briques et dont le sol est couvert de dalles d’argile. Adrienne Picandet, l’institutrice du village, entend bientôt parler de la découverte et se rend sur place. Début juillet, la Société d’émulation du Bourbonnais dépêche sur place Benoît Clément, l’instituteur de la commune voisine de La Guillermie.

Celui-ci commence à fouiller de manière peu orthodoxe, aidé du procureur Joseph Viple, utilisant parfois la pioche et détruisant la première fosse. Les deux hommes emportent nombre d’objets avec eux. Il demande une subvention de 50 francs pour réaliser des fouilles plus organisées à Glozel mais un refus est signifié dans le numéro de janvier-février 1925 du bulletin publié par la Société. Antonin Morlet, médecin féru d’archéologie et exerçant à Vichy, prend connaissance de la découverte. Il sera avec Émile Fradin l’un des plus fervents défenseurs de Glozel. Morlet se rend chez Clément où il découvre des objets fascinants. Les deux hommes visitent, en avril 1925, le champ où ont été trouvés les objets.

Les fouilles de Morlet commencent en mai 1925 et se poursuivent jusqu’en 1936. Il découvre des tablettes, des figurines, des outils de silex et d’os, des pierres gravées. De grands noms de l’archéologie viennent fouiller à Glozel à l’invitation de Morlet : Louis Capitan est le premier en juin 1925. Dès septembre 1925, Morlet révise sa première attribution chronologique et publie un fascicule intitulé Nouvelle station néolithique et cosigné par Émile Fradin. Rapidement, l’attribution du site au Néolithique est contestée par la communauté scientifique.

Certains vestiges sont particulièrement problématiques et comportent des éléments anachroniques. C’est le cas d’un galet portant une gravure de renne accompagnée de signes considérés comme alphabétiques : le renne a disparu de ces régions à la fin du Paléolithique supérieur, environ 10 000 ans av. Morlet publie un article évoquant un alphabet néolithique en avril 1926. Pour lui, il ne fait aucun doute que les auteurs des objets découverts à Glozel avaient développé un système d’écriture très nettement antérieur à celui des Phéniciens. Ses découvertes remettent en cause l’apparition de l’écriture au Moyen-Orient et en font une invention européenne.