Tout Rahan, Tome 17 : PDF

Le Tout Rahan, Tome 17 : PDF de La Méduse présente une certaine continuité avec les courants picturaux antérieurs au romantisme, notamment dans le choix du sujet et le caractère dramatique de la représentation, mais rompt de manière nette avec l’ordre et la quiétude de la peinture néo-classique. Ainsi que Géricault le pressent, le tableau provoque la controverse lors de sa première présentation à Paris, au salon de 1819 : certains s’en font les ardents défenseurs, tandis que d’autres le fustigent immédiatement. Peu après, l’œuvre est exposée à Londres, ce qui achève d’établir la réputation du jeune peintre en Europe. Radeau de la Méduse reconstitué à l’échelle 1 visible dans la cour du musée de la Marine à Rochefort.


En 1815, le retour de Louis XVIII sur le trône de France marque le début de la Seconde Restauration. En voulant prendre de l’avance et en dépassant les trois autres bateaux, la frégate dévie de sa trajectoire de 160 kilomètres et quitte donc la route prévue. Le 2 juillet 1816, La Méduse s’échoue sur le banc d’Arguin, à 160 kilomètres de la côte mauritanienne. Les opérations de remise à flot s’avèrent vaines : des avaries surviennent le 5 juillet et la mer devient mauvaise, rendant l’évacuation nécessaire.

Dix-sept marins restent à bord de la frégate afin de tenter de la ramener à bon port. 233 passagers, dont Chaumareys, Schmaltz et sa famille, embarquent sur six canots et chaloupes afin de gagner la terre ferme, à 95 kilomètres de là. Le commandant de Chaumareys décide d’abandonner à leur sort les passagers du radeau, avec leurs maigres vivres. La situation se dégrade alors rapidement : les naufragés, pétris de peur, se disputent et font tomber leurs barriques d’eau douce dans l’océan, se reportant sur les barriques de vin pour étancher leur soif. Au septième jour, il ne reste que 27 survivants dont la moitié agonise. Il n’a à son bord que quinze rescapés, qui sont suspectés de s’être entretués ou d’avoir jeté les autres par-dessus bord, voire d’avoir commis des actes de cannibalisme.

La plupart des naufragés seraient morts de faim ou se seraient jetés à l’eau de désespoir. Quatre ou cinq hommes meurent dans les jours qui suivent à bord de l’Argus. Au total, le naufrage cause la mort de plus de 150 personnes. Les autres bateaux se séparent, et certains parviennent jusqu’à l’île de Saint-Louis, tandis que d’autres accostent le long de la côte et perdent des membres de l’équipage en raison de la chaleur et du manque de nourriture. Lorsque la marine britannique retrouve la Méduse, quarante-deux jours plus tard, seuls trois des dix-sept marins restés à bord sont encore en vie. 24,5 cm, palais des beaux-arts de Lille. Portrait d’un homme noir : peinture anonyme du modèle Joseph qui a posé pour Géricault pour Le Radeau de La Méduse.